Comment sortir de la crise alimentaire ?

Cela fait des années que l’on parle de la faim dans le monde, qui fait de temps à autres la une de l’actualité, mais sans grande conviction. En 2004 déjà, la FAO (Food and Agriculture Organization, agence des Nations Unies) faisait état, dans un rapport, d’une crise alimentaire qui sévissait dans 35 pays.
Devant la flambée mondiale du coût de la nourriture de ces dernières semaines, l’on s’attend au pire. En effet, les récoltes ont chuté tant dans les pays riches que dans les pays en développement ; les conditions climatiques, défavorables, ont accentué la chute de la production. L’on peut ici voir le lien avec le réchauffement climatique. Les stocks céréaliers n’assureraient plus que 57 jours de suffisance alimentaire, tandis que le niveau officiel de sécurité est fixé à 70 jours. Nous sommes tous concernés, mais différemment touchés.
Pourtant, si la production alimentaire était mieux distribuée, tout le monde serait nourri. Il est vital, aujourd’hui de redéfinir des priorités : avant de nourrir le bétail destiné à l’abattage, avant de produire du carburant, il faut nourrir les hommes !
Si nous parlons de sécurité alimentaire, il faut mettre celle-ci en lien avec des troubles sociaux et avec la sécurité mondiale : la faim est l’une des causes potentielles d’émergence de conflits. Les émeutes éclatent dans différents endroits du monde, maladies et épidémies peuvent apparaître.
Des solutions existent pour lutter contre la flambée des prix : il faut soutenir les petits producteurs, favoriser les agricultures respectueuses de l’environnement. En effet, le développement commence par celui de l’agriculture. Il est nécessaire aussi de prendre des mesures de restriction à l’exportation : nombre de pays en développement voient leur production s’envoler de cette manière. Une situation qui ne peut plus durer. Le Vietnam, l’Inde, ont d’ailleurs récemment suspendu ou limité leurs exportations, afin de garantir la sécurité alimentaire de leur population.
Les politiques doivent agir, être plus responsables.
Mais nous aussi, nous devons agir ! Et pour agir sur l’inégalité de la distribution de la production, nous nous devons de repenser notre rapport à l’agroalimentaire. Des mesures concrètes peuvent être prises très facilement : privilégier une agriculture respectueuse de l’environnement, des produits locaux ou en circuit court, les produits du commerce équitable, manger moins de mets carnés, ou pourquoi pas, manger un peu moins ? N’attendons pas que cela passe… ou pas.
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