La non-violence et le Tibet

En tibétain, "non-violence" se dit shidé.

shi signifie "paix", et dé "bien-être".

Nous sommes persuadés que le développement durable doit passer par la non-violence. Non-violence envers l’Autre, non-violence envers notre environnement, mais aussi, non-violence envers nous-mêmes, parce que nous sommes aussi les victimes des mauvaises pratiques que nous infligeons.

Mais qu’est ce que la non-violence au juste ? Une philosophie, certes, mais aussi une pratique, qui veut que l’on délégitime tout recours à la violence. Toutefois, il ne s’agit pas d’une non-violence passive. La non-violence est active et concrète : résistance, changements, revendications, mais sans armes, sans blessures. Elle peut aller jusqu’à la manifestation, au boycott, à la marche, au sitting,...

Nous ne vivrons pas sans conflit, car celui-ci fait partie de la vie sociale, et parfois, même, nous sommes en conflit avec nous-même. Il s’agit alors, dans notre vie quotidienne, au bureau, à l’école, dans le cercle famillial, d’apprendre à gérer ces conflits de manière positive et constructive. Cela passe avant tout par le dialogue. Parler, aller à la rencontre de l’autre, et le comprendre un peu mieux. Apprendre à respecter, et à vivre ensemble.

Les conflits ne sont pas forcément négatifs, mais montrent une opposition, qui peut être le prélude de changements très positifs. Les conflits peuvent être des transformateurs de sociétés. S’il n’y avait pas eu de grèves, peut-être n’aurions nous pas eu droits et avantages sociaux. Si Gandhi n’avait pas organisé ses campagnes contre les Anglais, l’Inde ne serait peut-être pas indépendante. Martin Luther King n’aurait pas obtenu la reconnaissance des droits des Noirs aux Etats-Unis. Et tant d’autres grands personnages qui illustrent la non-violence : Nelson Mandela, Aung San Suu Kyi, le Dalaï Lama,..

Le Dalaï Lama, qui encore une fois, dans ce contexte difficile illustre la non-violence : il rappelle la Voie du Milieu, appelle au dialogue, et revendique l’autonomie du Tibet (et non l’indépendance, comme se plaisent à le dire certains médias ). Toujours dans une politique de dialogue, il affirme aussi que la Chine mérite les Jeux Olympiques, et qu’elle doit aussi se montrer à la hauteur des responsabilités qui incombent à une grande nation comme celle-ci.

Il ne s’agit donc pas seulement d’une philosophie, mais d’un art de vivre. La construction de la paix, le développement durable doivent passer par la non-violence.

Pour terminer, une phrase de l’un des maîtres de la non-violence, Gandhi : "Sois le changement que tu veux voir dans le monde."

À méditer...