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Lancement d’une campagne nationale "zéro enfants-soldats" en RDC

lundi 16 juin 2008 par Aurore*

Les enfants-soldats représentent un grave problème aujourd’hui dans de nombreux pays. A la fois victimes et menaces, ils doivent apprendre à réintégrer la société et une culture de paix.

Le Programme national de désarmement, démobilisation et réinsertion (PNDDR) de République démocratique du Congo (RDC) vient de lancer une campagne consacrée aux enfants-soldats des groupes armés du pays.

Un programme qui poursuit une action commencée en 2001, et qui a permis à 30.000 enfants de quitter les groupes armés et rebelles du pays - particulièrement à l’est du pays, et donc de quitter l’économie de guerre de laquelle ils vivaient. Instrumentalisés, les enfants accentuent les problèmes d’instabilité du pays, donnant force aux mouvements armés.

Alphonse Tumba Luaba, directeur du PNDDR a annoncé que "Selon les estimations actuelles, il y aurait encore entre 3.000 et 6.000 enfants au sein des différents groupes armés. Nous disons stop aux saccageurs, aux voleurs d’enfance".

Au yeux du droit humanitaire, la conscription d’enfants de moins de 15 ans (contre 18 ans pour l’ONU) ainsi que leur utilisation dans les conflits est un crime de guerre et un crime contre l’humanité.

Selon le professeur Ntumba Luaba, interviewé par Radio Okapi, "Cette pratique est interdite par la Constitution, qui la considère comme un crime de haute trahison, par la charte africaine des droits de l’enfant, par les Nations Unies, à travers le protocole de la convention du droit de l’enfant, et même par le code pénal militaire et le Statut de Rome. Tous ceux qui continuent encore à recruter des enfants savent à quoi s’en tenir. C’est un crime imprescriptible. Et si nous organisons cette campagne, c’est pour leur donner une chance en leur disant : lavez-vous les mains, si vous avez encore des enfants dans vos rangs, laissez les rentrer dans une vie normale. Mais il faut dire que « zéro enfant soldat » ne va pas sans « zéro groupes armés ». Aussi longtemps qu’il y aura des groupes armés dans notre pays, il y aura toujours des enfants soldats. Il faut que l’autorité de l’Etat monte en puissance pour mettre fin à ce phénomène de groupe armé."

Une campagne mise sur pied avec l’aide d’ONG, d’UNICEF, de la Banque Mondiale, qui travaille également aux côté du programme Amani (processus de paix) qui cherche à inciter les chefs de groupes armés à relâcher les enfants. En janvier 2008 déjà, les groupes armés congolais avaient signé un acte d’engagement, en faveur de la paix et d’un cessez-le-feu, donnant naissance aux accords de Goma.

Sources : RDC : lancement d’une campagne nationale "zéro enfants-soldats", Le Monde, 16.06.08 ; "Journée de l’enfant africain : « zéro enfants associés aux forces et groupes armés »", Radio Okapi, 16.06.08.

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