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Pour lutter contre la crise, il faut planter chez soi

jeudi 3 juillet 2008 par Aurore*

A Manille, afin de lutter contre la crise, les habitants sont invités à cultiver leurs légumes.

Dans le cadre de la lutte contre l’insécurité alimentaire, génératrice de risques de conflits, l’ONU et son agence spécialisée dans l’alimentation et l’agriculture, la FAO, avaient déjà préconisé l’encouragement des petites productions. S’il est plus courant de voir encouragées les petites productions rurales, les cultures urbaines et périurbaines font également l’objet d’une réflexion.

En effet, la densité de population étant concentrée dans des zones urbaines, il est intéressant, en vue de rendre les personnes autonomes, de cultiver ses propres légumes, particulièrement dans un contexte de crise, qui fait littéralement exploser le prix des denrées - rendant certaines personnes particulièrement fragiles.

A Manille, comme dans tant d’autres villes, de nombreuses familles tentent d’aventure de l’auto-suffisance. Un concept qui avait déjà été exploité par les mouvements alter-mondialistes en Occident. Une famille de Manille peut ainsi produire jusqu’à 80% de son alimentation - tandis que le coût des légumes a augmenté de 50 à 100% sur les marchés, et que 70% de la population vit sous le seuil de pauvreté (qui équivaut à 0,50 € par jour).

Des projets d’encadrement sont mis sur pied par des ONG sur le terrain, accompagnant les habitants dans leurs démarches, afin d’optimiser l’espace et le type de culture. C’est ainsi que, par manque de place, dans un élan de créativité, l’on a vu apparaître des initiatives originales... C’est le cas du sac suspendu : il s’agit d’un sac récupéré, rempli de terre, que l’on suspend au plafond. L’on pourra y produire de 15 à 20 plants de chou, qui ne nécessitent que 3 semaines pour pousser. Idéal pour une famille, mais souvent vécu comme une trop longue attente. La patience est de rigueur, même dans un contexte d’urgence.

- L’agriculture urbaine, une des solutions à la crise ?

De plus en plus, il apparaît que pour sortir de la crise, chacun devra prendre des initiatives. Une idée qui entre dans le cadre d’une éthique de la responsabilité : chacun, quelque soit son rôle, peut favoriser, par un petit geste, le changement vers un monde plus juste et plus équitable.

L’agriculture urbaine semble donc aussi être une des solutions à la crise alimentaire, afin de répondre à la pression économique et alimentaire. Notons que déjà en 2005, la FAO estimait que 700 millions de citadins vivaient grâce à l’agriculture urbaine et périurbaine : soit le quart de la population urbaine mondiale. Ajoutant à cela la pression démographique, l’exode rural, l’agence estimait aussi qu’en 2030, la quasi-totalité de la croissance de la population sera concentrée dans les zones urbaines, et 60% de la population mondiale y sera concentrée. L’avantage de ces agricultures réside surtout dans le fait qu’elles ne nécessitent pas de grands espaces, mais de petites parcelles, des jardins ou encore des toits.

L’idéal serait, comme cela a toujours été, de cultiver à la campagne. Mais nombre de personnes, souffrant du manque d’infrastructures et de logistique, ne pourraient alors acheminer les produits de leur exploitation vers la ville et ses marchés. Il leur semble alors que l’unique solution est de quitter le village et de venir en ville.

Encourageons donc ces cultures, qui peuvent rapporter aux familles jusqu’à 3$ par jour - tandis qu’elles vivent pour la plupart avec moins de 1 ou de 2$. Il existe bien entendu des obstacles, tels le manque d’accès à la terre, à l’eau, le manque de savoir-faire ou la faiblesse des investissements. Obstacles auxquels pourraient pallier le micro-crédit ou la formation par exemple.

Sources : Planète Urgence, INRA, FAO.

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