Ravi Agarwal : pour une gestion des déchets en Inde
lundi 30 juin 2008 par Aurore*

Issu d’une des meilleures écoles d’ingénieurs indienne, mais aussi entrepreneur dans le domaine de l’informatique, Ravi Agarwal annonce dans les années 90 qu’il ne veut pas continuer comme ça...
Prise de conscience
En 1992, le déclic se fait. Un projet immobilier menace alors une forêt de Delhi, et Ravi Agarwal prend la tête d’une campagne qui réclame devant la Cour Suprême Indienne l’arrêt immédiat du projet. Une campagne qui implique aussi 13 ONG. Une aventure qui durera deux années, faites de manifestations, de procédures juridiques, de campagnes de presse,...
La vie de Ravi Agarwal s’en ressent : financièrement d’abord, car la campagne, malgré tous les investissements financiers, manque de moyens. Il investit ses fonds personnels, ce que n’apprécient ni sa banque, ni son entourage, qui ne comprend pas toujours ses choix. Socialement aussi, car la moitié de ses amis et de sa famille soutiennent mais ne comprennent pas son engagement. La rupture est forte, le changement est radical, et l’amène même au divorce.
En 1995, le combat est gagné : le Jugement de la Cour Suprême a donné son verdict, la forêt est sauvée...
L’engagement se poursuit, de la forêt aux déchets...
Et Ravi Agarwal continue. Après deux années de travail bénévole, il poursuit son action. Il publie un livre, en se spécialisant dans la problématique des déchets.
En effet, l’Inde ne bénéficie pas d’infrastructures nécessaires à une bonne gestion des déchets. Et justement, la Cour Suprême Indienne classifie alors le problème des déchets toxiques des hôpitaux comme priorité. Le livre de Ravi Agarwal devient référence en la matière et fournit des recommandations à tous les hôpitaux du pays, concernant la diminunition, la stérilisation, mais aussi le recyclage, le tri des déchets. Le personnel doit bénéficier d’une formation. Tant de recommandations qui seront reprises dans la loi de 1998.
Depuis 10 ans, Ravi Agarwal et ses équipes ont permis à l’Inde de progresser sur la question des déchets. Par exemple, l’interdiction d’importer des déchets toxiques en Inde. Mais de nombreuses luttes sont encore en cours, comme les problèmes d’amiante, la production d’énergue, l’abus de pesticides dans l’agriculture,... Tant de questions sur lesquelles travaille Toxic Link.
Aujourd’hui Ravi Agarwal vit de manière simple, dans un petit appartement. Il travaille 18h par jour. Mais n’a aucun regret.
Ravi Agarwal a choisi de mettre du sens dans sa vie. Chacun de nous est en mesure de le faire. Cela commence d’ailleurs par des petits gestes, car peu d’entre nous sont capables d’un tel engagement. Pourtant, qui sait ?
Source : 80 hommes pour sauver la planète.
En savoir plus : Ravi Agarwal, Toxic Link.
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