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Soirée Chic Planète "Micro-Crédit, Maxi Projets"

dimanche 1er juin 2008 par Alda Medeiros

Le mardi 17 juin 2008 de 19h00 à 20h30 au Point Ephémère - Paris 10ème

A cette occasion, nous parlerons de la finance mondiale à la fois durable et équitable, et des solutions d’avenir en matière de financement de projets.

Nous ferons le point sur le microcrédit : un état des lieux du social business, mais aussi de nombreuses questions seront soulevées. Comment sont financées les institutions de micro-finance, quels sont les risques, et est-ce rentable ? Quel avenir pour la micro-finance ? Et aussi, comment la micro-finance peut-elle aider à solutionner la crise alimentaire mondiale ?

Pour cela, nous avons invité des spécialistes : économistes, entrepreneurs, des professionnels sur le terrain seront invités à faire le point et à répondre à toutes nos questions.

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Compte-rendu

Les thèmes du micro-crédit et de la micro-finance ont réuni comme intervenants un panel riche et complémentaire : Jean-Luc PERRON (responsable de la mission Microfinance, Crédit Agricole), Claude BREVAN (membre du conseil d’administration de l’ADIE, ancienne déléguée interministérielle à la ville), Elena LASIDA (Docteur en Sciences Economiques et Sociales (FASSE – ICP) ; Maître de conférence, spécialiste de l’économie sociale et solidaire), Audrey NEGUI (Chargée d’études, Épargne Sans Frontières), et Marie-France L’HÉRITEAU (Agence Française du Développement).

La conférence, en introduction, rappelle que Mohammad Yunus a reçu le Prix Nobel de la Paix en 2006, pour la fondation de la Grameen Bank au Bengladesh. Elle se poursuit, après la présentation de chaque intervenant, par un état des lieux de la micro-finance : « Est-ce le début d’une aventure ou une véritable solution d’aide au développement ? »

Il s’agit d’une démarche s’inscrivant dans le cadre d’une économie sociale et solidaire, et par extension, dans celui d’un développement durable. Le microcrédit est d’ailleurs considéré par l’ONU comme un outil majeur du développement.

Il permet à des personnes exclues des services bancaires traditionnels d’avoir accès à un petit capital, qui leur permettra de démarrer un projet économique en vue, à moyen ou long terme, de devenir financièrement autonomes. Les personnes bénéficient alors d’un accompagnement, d’un soutien, pour gérer leur affaire, en même temps qu’elles sont invitées à rembourser leur prêt. Bien que le taux d’intérêt soit souvent jugé élevé, plus de 90% de personnes remboursent leur prêt dans les temps.

Le projet est d’abord évalué, et selon ses besoins, un prêt lui est octroyé. Avec l’organisme prêteur, les échelonnements de remboursement sont étudiés, selon l’évolution de l’activité. L’entrepreneur peut prendre contact avec l’organisme à tout moment. Les dimensions sociale et psychologique ne sont donc pas en reste.

Outil majeur certes, mais pas unique : il ne sera qu’une partie de la réponse à fournir aux problèmes de pauvreté. Aussi, l’on prendra garde à ne pas trop surévaluer ou surinvestir le microcrédit. Le social business, inauguré par Yunus, est devenu phénomène de mode actuellement. Mais comme chaque idée, il a ses limites. Car le développement ne peut pas uniquement se faire au niveau local – l’appui des politiques est nécessaire.

En tout les cas, il montre bien une évolution intéressante et salutaire dans l’aide apportée aux pays en développement. Il amène les personnes à se responsabiliser, à prendre des initiatives et à devenir maîtres de leurs choix. En effet, l’on privilégiera l’encadrement, l’accompagnement, et non plus le don pur et simple. Le microcrédit ne représente qu’une partie des fonds nécessaires au démarrage d’une activité économique. C’est aussi la même logique qui vaut en France, avec l’Adie : il s’agit de donner un coup de pouce aux personnes désireuses de commencer une activité.

Le critère de rentabilité est évidemment important, car le but est de rendre les personnes économiquement indépendantes. Toutefois, de plus en plus de professions ou d’activités ont accès au microcrédit, bien que la majorité réside dans les professions de l’artisanat, les professions libérales, et commerçantes. Le but est d’ensuite de développer ces petites activités afin de (re)créer un tissu social et économique. Mais cela ne pourra se faire sans l’appui de l’état, qui est aussi amené à prendre des responsabilités. C’est aussi un appel à responsabiliser les gouvernements que lançait l’ONU en attribuant le Prix Nobel de la Paix à Yunus.

En parallèle, les entreprises et les banques classiques ont également entamé des démarches semblables, offrant ainsi les capitaux qui manquent souvent dans l’économie sociale et solidaire. Le monde de la finance serait-il en train de changer ?

La dimension éthique trouve une place sur cette scène, donnant au business un visage plus humain.

Retenons que partout, des personnes pleines de potentiel veulent sortir de la misère et du fatalisme économique dans lequel elles survivent. En cela, le microcrédit leur donne une chance de retrouver une dignité. Car tout être humain a le droit à l’initiative économique.

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Photos

Jean-Luc Perron

Michel Lelart

Elena Lasida

Claude Brevan, ADIE

Audrey Negui, ESF

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