Nicolas Sawicki et les idées durables

Mercredi, 17/09/2008 - 11:43 par Aurorea

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Nicolas est un citoyen engagé et responsable. S'intéressant à l'environnement, il a créé en 2008 le site de l'actualité durable, Actus-durables.

Agir pour un monde meilleur, cela se vit au quoitidien. Pour être responsable, le premier pas est déjà de s’informer. Et ensuite d’informer. Quand on sait, on agit. Donnons lui la parole...

Nicolas, vous êtes investis dans différents projets, tels que Actus-durables.fr et les Végétaliseurs. Comment définiriez-vous votre engagement et quelles sont les raisons qui vous ont menées à celui-ci ?

Mes observations du monde végétal, des modèles urbains et des modes de vie m’ont permis de faire différents constats : fragilité des écosystèmes, saturation des voies urbaines, nuisances des véhicules, sur-dépendance au pétrole, surconsommation d’intrants en agriculture, démotivation sociale, dégradation des milieux naturels… Devant un tel constat il ne m’était pas concevable de rester inactif. Comprendre, informer, proposer des alternatives, des solutions au quotidien pour un monde plus durable est pour moi un état d’esprit. Etre acteur, dans un esprit positif c’est important dès maintenant !

Racontez nous un peu l’histoire d’Actus-durable.fr ?

Au fil de mes visites, rencontres, découvertes, je me suis aperçu qu’il existe de très bonnes initiatives durables, mais qu’elles ne sont pas forcément très médiatisées. C’est ainsi qu’est né Actus-Durables.fr pour faire partager des informations durables à tout à chacun. Le site est présenté sous forme de blog, permettant ainsi un contenu dynamique et participatif. Vous y trouvez des sujets qui sont pour la plupart issus de visites et rencontres avec différents acteurs qui ont des projets s’inscrivant dans la philosophie d’un cadre de vie plus éthique, plus solidaire et plus sain au quotidien.

Vous vous illustrez beaucoup dans le domaine des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Informatique et de la Communication) afin de proposer une communication responsable. Mais les NTIC sont-elles forcément éthiques ?

Certains supports de communication sont plus éthiques que d’autres. Le monde audiovisuel tel qu’il est présenté aujourd’hui n’est pas éthique. Il nous impose un mode de vie productiviste, des modèles de consommation dont le consommateur en devient rapidement dépendant et détruisent son savoir. L’audiovisuel capte l’attention du consommateur pour lui donner envie de consommer des marchandises qui spontanément n’avait pas envie de consommer. Les personnes sont de plus en plus démotivées que se soit au travail, ou dans leur vie de consommateur car ils ne se sentent pas acteurs de leur société. D’autres supports sont à mon sens bien plus éthiques. Prenons en exemple le Web 2.0, dans lequel le citoyen devient fournisseur d’énergie, d’idées, est un milieu de communication entre individus qui fonctionne bien. Le modèle de production/consommation pulsionnelle disparait. L’éco-citoyen consulte et participe, il devient actif via sa volonté d’implication personnelle au sein d’un réseau. On parle d’un milieu d’association qui rend les gens sociaux et entretien le savoir. La publicité éthique et responsable, la consommation responsable sont des concepts durables grandissant aujourd’hui sur le web. Voilà un bon support pour le développement durable. Les idées de chacun se font connaître et c’est en avançant ensemble que les choses pourront se construire durablement !

Pouvez-vous nous raconter votre arrivée sur le site des Végétaliseurs ? Qu’y avez-vous trouvé ?

J’ai découvert les Végétaliseurs via une bannière de pub sur un site. Au premier abord j’ai été captivé par le ton positif du site et par le dynamisme de la tribu. Cela m’a donné envie d’en savoir plus sur son historique. Ma question était simple : est-ce un greenwashing d’une marque pas forcément très green ? Et bien non ! Il s’agit en réalité d’une initiative purement personnelle de salariés qui ont présenté le projet à leur société qui a décidé de l’appuyer. Notons également que le site est ouvert à tous : aussi bien aux éco-citoyens débutants qu’aux écologistes militants ! On y retrouve des articles sur des sujets durables, des photos, des vidéos, des interviews et plein d’autres choses encore comme l’agenda végétal qui permet de découvrir et de participer à des évènements liés au développement durable. L’objectif étant d’échanger, débattre, et partager des propositions simples et concrètes pour rendre le monde plus vert, dans un état d’esprit positif et constructif.

Selon vous, allons-nous vers un avenir plus vert ?

Un avenir plus vert, c’est pour certains une utopie. Je pense sincèrement que nous allons construire un monde plus vert. Mais un monde plus vert qu’est ce que c’est ? Il ne s’agit pas d’un monde avec de la pelouse partout, bien au contraire, la pelouse est d’un intérêt écologique très pauvre. De nos jours, la monoculture détruit la biodiversité, génère du transport... Il s’agit plutôt se relancer le maraîchage bio à proximité des villes. On limite ainsi les distances de transport, les produits sont plus sain et ont plus de goût ! Ceci correspond aujourd’hui à une réelle demande. En France, les AMAP proposent déjà ce principe de maraîchage et distribution de produits frais locaux. Un avenir plus vert, c’est aussi un monde plus social et solidaire, comme par exemple l’initiative des Jardins de Cocagne qui effectue du maraîchage biologique à vocation d’insertion sociale et professionnelle. Enfin, c’est aussi un monde plus sain : pour améliorer la qualité de l’air en ville, il suffirait de disposer de 20% de surface de toitures végétalisées extensives (sedums). On observerait une diminution des taux de CO et CO2, pour plus d’oxygène produit, un meilleur taux d’hygrométrie… Plein d’idées existent, il faut les encourager, les faire connaître pour faire avancer les choses !

Que signifie être un éco-citoyen ?

Selon moi être éco-citoyen c’est agir au quotidien pour le bien être de tous dès aujourd’hui et pour les générations futurs en faisant des choix responsables. J’insiste sur le bien être dès aujourd’hui, car oui c’est possible dès maintenant. Prenons par exemple la mobilité urbaine : si on privilégie les transports en commun, on réduit le nombre de voitures en ville, on réduit donc immédiatement le bruit et la qualité de l’air sera meilleure. Faire des choix responsables en tant que consommateur en sachant que tous les produits que nous achetons ont un impact sur l’environnement, c’est choisir le produit qui aura la plus faible empreinte écologique. Acheter des légumes qui ont parcourus 20 km contre d’autres qui auraient voyagées 2000 km, au final sans goût et cultivés de manière productiviste, voilà un exemple de choix à faire au quotidien !

Votre livre de chevet ?

« The Transition Handbook » qui est à la fois un manifeste qui présente un mode original d’appréhension des problèmes environnementaux, et un manuel pratique pour initier une action collective locale de préparation au pic du pétrole et au changement climatique.

Merci Nicolas !

Voir aussi son site : Actus-durables.

Image portfolio: 
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