A l’écoute des Freeplay Lifeline Radio
mercredi 1er mars 2006

On estime que le nombre de bénéficiaires, parmi les plus défavorisés économiquement, s’élève à plus de 200.000 personnes. Le Greenbelt Movement, dont la fondatrice n’est autre que Wangari Maathaï, celle qui a fait « grandir l’arbre de la paix » comme on dit au Kénya, va savoir en faire bon usage.
Ces radios ont été la “success story” de l’Afrique du Sud où elles ont été produites en série (dans la banlieue de Cape Town)à la fin des années 90. Elles se retrouvent désormais sur tout le continent. En octobre 2002, au Niger, un projet sponsorisé par le gouvernement du Niger, des agences onusiennes (et le soutien de l’ambassade de France à Niamey) a inauguré une étonnante transaction : les Touaregs qui rendaient leurs kalachnikov pouvaient en échange récupérer des radios.
Ces radios ne sont pas comme les autres. Les auteurs de cette invention ont misé sur l’autonomie : l’autonomie de ceux qui l’écoutent ; et mieux encore : l’autonomie d’un point de vue énergétique ; en effet, les batteries sont rechargeables soit en tournant une manivelle soit grâce à l’énergie solaire (panneaux photovoltaîques). Cette astuce n’a pas que des conséquences écologiques : une famille peut écouter l’émission qui lui plaît , ce qui n’a pas toujours été le cas lorsque le père de famille faisait valoir ses droits puisqu’il était le détenteur des piles ! L’enfant qui en reçoit une (çà se passe d’ordinaire en public) doit faire la promesse 1) qu’il va partager cet objet et 2) qu’il partagera aussi les informations qu’il va recueillir en écoutant.
Dans les zones où les populations ne sont pas alphabétisées, la radio représente le premier moyen de communication. Dans l’Afrique sub-saharienne, on estime qu’il y a près de 75 fois plus de radios que de postes de télévision. Toutefois, vu les problèmes d’accès à l’électricité et le prix élevé des piles, la majorité ne peut pas se les offrir, surtout pas les femmes et les enfants. Si plusieurs millions de dollars sont dépensés chaque année à travers le monde pour produire des programmes radio qui diffusent de l’info, et/ou des programmes d’enseignement, ceux qui devraient en être les principaux bénéficiaires - pour se prémunir contre les maladies, améliorer leur hygiène, accroître leur productivité agricole, accroître leurs talents en profitant du e-learning.- en sont trop souvent privés.
Comme dirait Kristine Pearson (qui a démarré le projet après avoir vécu au Rwanda), les radios Lifeline sont peut-être le meilleur moyen de "déclencher une Renaissance" dans ces pays.
Voir aussi
- » Sur le web
- • http://www.freeplayfounda tion.org
- » Thèmes
- • Médias, NTIC

