Anne-Laure Gaffuri de l'Association Bio...

Mon, 06/10/2008 - 08:53 by Alli

Anne-Laure Gaffuri de l'Association Bio Consomm'acteurs (1465) Logo

Bio Consom'acteurs est aujourd'hui la seule association de consommateurs de produits bio. Elle regroupe des consommateurs mais aussi des associations de consommateurs bio locales. Nous sommes allés à la rencontre de Anne-Laure Gaffuri, sa représentante. Interview…

- Anne-Laure, vous représentez l’association Bio Consom’acteurs, pouvez-vous nous en dire plus ?

L’association Bio Consom’acteurs a été créée fin 2006 par des personnes issues de Biocoop (coopérative de supermarchés biologiques) qui désiraient donner la parole aux consommateurs. Avant Bio Consom’acteurs, aucune association agréée parmi les 18 existantes ne défendait les valeurs de consommation responsable. Nous comptons aujourd’hui 8800 adhérents. Notre but est de dépasser les 10 000 afin de pouvoir représenter les consommateurs, siéger dans les instances représentatives et pouvoir porter des actions en justice. Nous sommes soucieux de faire entendre les voix des consommateurs d’agriculture biologique auprès des pouvoirs publics afin de promouvoir une agriculture biologique, écologique et durable.

Grâce à notre site Internet, nous voulons informer les consommateurs sur leurs choix de consommation et sur les qualités de l’agriculture biologique. Ce site est très interactif car l’on peut y laisser des commentaires, échanger des recettes, des astuces… L’on recense aussi une soixantaine de correspondants locaux afin de faciliter l’accès direct aux producteurs.

  • Qu’en est-il de l’agriculture biologique en France, aujourd’hui ?

L’agriculture biologique souffre aujourd’hui d’un déficit de production. En effet, la production bio représente 2% des surfaces agricoles utiles. Le manque de volonté des pouvoirs publics à encourager ce type d’agriculture, et le fait que l’agriculture bio ne soit pas enseignée dans les filières agricoles représentent un gros frein à la production et ne motivent pas du tout les agriculteurs à se mettre à produire bio.

Le résultat est que la France accuse un retard certain face à ses voisins : Alors qu’elle était pionnière dans les années 80, là voici au 19e rang européen. La moitié des produits ne provient pas de France.

  • Comment voyez-vous l’évolution du bio en France dans les années à venir ?

Une grosse prise de conscience des pouvoirs publics pour pouvoir consommer local est nécessaire. La demande et la consommation de produits issus de l’agriculture biologique augmentent, il faut maintenant espérer que cela entraîne un encouragement de la production. En tout cas, Consom’acteurs fait tout pour !

  • Comment expliquez vous votre engagement ?

Le bio n’était ni présent dans mon éducation ni dans mon ancienne profession. En effet, je n’ai pas été élevée au bio et je travaillais dans l’agro-alimentaire. J’ai été ecoeurée des gros lobbys alimentaires et j’ai voulu encourager la production locale, respectueuse de l’environnement, propre et pérenne. Je me suis mise au bio tout doucement, j’ai découvert plein de saveurs inconnues et j’ai eu envie de travailler dans ce domaine. Aujourd’hui je suis très heureuse de défendre ce genre d’alimentation. Et pour rien au monde, je ne reviendrai vers l’agriculture conventionnelle !

  • Quelle différence entre agriculture biologique et agriculture raisonnée ?

Cela n’a vraiment rien à voir. En bio, il n’y a aucun intrant chimique type pesticide, OGM… Les méthodes de production sont naturelles.
Le terme « raisonnée » a été créé par les fabricants phytosanitaires pour redorer leur image. Alors on peut se poser la question quant au terme utilisé. Dans l’agriculture raisonnée, il n’y a pas plus de contrôles ou restrictions que dans l’agriculture conventionnelle. La seule différence est un cahier des charges où les agriculteurs justifient l’utilisation de pesticides, d’engrais chimiques. Mais ils n’en utilisent pas moins…

  • Au final, le bio est-il vraiment plus cher que le "non-bio" ?

Je pense qu’il faut aborder le prix dans son ensemble.
C’est évident que sur des produits transformés équivalents type yaourts, le prix en caisse sera d’environ 30% plus cher pour le bio. Il est clair que produire bio coûte encore cher : il y a moins de subventions de la part de l’Etat que dans l’agriculture conventionnelle, les semences sont plus chères, il faut polus de main d’œuvre, l’on réalise peu d’économies d’échelle à cause de la petite superficie des productions… Alors tant que la production restera faible…
Et puis ce que le consommateur ne sait pas toujours, c’est que l’agriculture conventionnelle lui coûte cher en impôts : répercussions sur l’impôt dues au travaux de traitements des eaux, dues aux maladies et infections liés à cette agriculture…

Et puis consommer bio, c’est aussi un état d’esprit : C’est consommer moins mais mieux. Moins de viandes et plus de légumineuses, céréales complètes et l’on achète en vrac. Du coup, on réduit son panier, on achète en plus juste quantité et l’impact sur l’environnement est réduit !

  • Et sinon, votre plat préféré ;) ?

La ratatouille, avec des légumes BIO bien sûr !

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