La Réunion "gèle" ses terres pour...

Wed, 16/07/2008 - 10:24 by Aurorea

La Réunion "gèle" ses terres pour protéger la biodiversité (1291) Logo

La Réunion a bien mieux conservé son patrimoine naturel que l'île Maurice ou Madagascar. Et pour continuer dans cette voie, elle vient d'inaugurer une réserve naturelle.

La Réunion, classée parmi les 34 meilleurs élèves en matière de biodiversité, est une entité biogéographique bien spécifique. Elle est également classée comme l’un des 10 sites de biodiversité marine, grâce à ses récifs coralliens et sa diversité biologique.

Tout d’abord, 30% de son territoire ont été épargnés (par comparaison, 5% seulement du patrimoine naturel a été protégé sur l’île Maurice). Ensuite, ce territoire s’avère d’une richesse biologique impressionnante : on dénombre plus de 130 types de milieux naturels selon la nomenclature type CORINE Biotope. Différents paysages composent le visage de l’île - volcans, littoral, champs de cannes à sucre, forêts, savanes, hautes altitudes, plaines,... qui, malgré les mesures de protection, sont toujours l’objet de la menace que représente la pression anthropique. Urbanisation, tourisme, réseaux logistiques, pollution, braconage, sur-exploitation, sont autant de facteurs qui menacent un haut-lieu de biodiversité.

Dès lors, des mesures urgentes sont à prendre. D’abord, de l’ordre de la prise de conscience, ensuite, comprendre et changer nos comportements.

En 2007, l’île inaugure un parc national naturel, comprenant le domaine forestier géré par l’Office national des forêts (ONF). Soit, une superficie de 100 000 hectares, c’est-à-dire plus de 40% de l’île. C’est mercredi 9 juillet que le 9ème parc national français a été officiellement inauguré.

Pourtant, le projet a été sujet à polémique. En effet, l’île comprend un taux de chômage inquiétant (plus de 20%), et les élus n’ont pas approuvé l’idée de sacrifier de potentiels projets de développement à la protection de la biodiversité. D’autant qu’un autre problème apparaît dans la démographie croissante, qui génère une pression importante sur l’écosystème, mais aussi sur l’économie. Pourtant, comment imaginer un développement qui soit durable, sans préserver l’environnement ? Comment allier développement économique et préoccupations écologiques ?

Si ce patrimoine n’est pas préservé, des scientifiques prévoient d’importants changements, notamment au niveau des intempéries, ce qui aura des conséquences négatives sur la vie de l’île. Par exemple, la végétation permet de réguler les pluies, en particulier quelques arbres spécifiques ; si ceux-ci disparaissent, les pluies ne sont plus captées : l’alimentation en eau de l’île et le cycle de l’eau seront perturbés, avec risques de ruissellement, d’appauvrissement du sol, etc.

Dès lors, il ne s’agit plus seulement de la Réunion, mais aussi des enjeux liés au changement climatique, une responsabilité mondiale.

Sources : Direction Régionale de l’Environnement ; L. Caramel, La Réunion gèle 40 % de ses terres pour protéger la biodiversité, Le Monde 15.07.08.

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