L’animal, source de vie
Vétérinaires sans frontières engage des programmes d’actions au côté des sociétés du Sud pour lesquelles l’élevage est un élément de sécurisation alimentaire et de développement économique et social.
Dans les pays du Sud, l’animal est un facteur-clef du développement. Il fournit les protéines indispensables à une alimentation de qualité : lait, oeufs, viande. Il apporte aussi une force de travail pour l’agriculture, le transport des denrées et des personnes.
Développer l’élevage...
Pour les pays en voie de développement, l’élevage représente la possibilité d’échapper durablement à la malnutrition qui frappe encore des régions entières d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Asie.
...en formant les paysans qui assureront le bien-être du village
15 ans d’engagement
Depuis 1983, Vétérinaires sans frontières contribue à améliorer la vie de milliers de petits paysans défavorisés partout dans le monde. Cela passe par l’action médicale sur place (vaccinations), mais aussi et surtout par la formation.
Du Guatemala au Togo, du Sénégal au Cambodge, les problèmes sont différents.
Les climats, les cultures et les habitudes alimentaires changent. Il faut sans cesse apprendre, innover, échanger, partager.
L’urgence est au développement
Quinze ans d’engagement ont appris à Vétérinaires sans frontières qu’il est vital que de meilleures conditions d’élevage soient accessibles au plus grand nombre possible d’éleveurs.
Améliorer l’autosuffisance alimentaire, mieux gérer les ressources naturelles, favoriser les initiatives locales, simplifier l’accès au crédit, augmenter les revenus par le commerce des produits de l’agriculture et de l’élevage, créer des relations Nord/Sud et des échanges de compétences.
La tâche est vaste parce que les enjeux sont énormes. Il s’agit d’accompagner les petits paysans, de réduire les inégalités, d’améliorer la vie des hommes.
(Photos : VSF et F.Bourcier)
Actions
AGIR AU SUD
Elle prend une dimension particulière lorsqu’elle affecte la santé publique dans le cas des maladies transmissibles des animaux à l’homme.
L’action en santé animale représente une porte d’entrée prioritaire pour le développement de l’élevage. Les autres contraintes qui pèsent sur ce secteur font également l’objet d’actions spécifiques. Dans cet esprit, VSF privilégie une approche globale prenant en compte à la fois la zootechnie, l’alimentation ou l’utilisation des animaux. D’une manière plus générale, VSF entend privilégier une démarche qui prenne en compte une "gestion de l’espace agricole et pastoral" replaçant l’élevage et ses contraintes au sein d’un ensemble cohérent.
La dégradation de l’environnement et le mal développement sont étroitement liés et se renforcent mutuellement. Dans ce contexte, VSF aide les paysans à mettre en oeuvre des techniques d’élevage et d’agriculture assurant une gestion durable des ressources :
- aménagement et gestion du terroir,
- gestion des feux de brousse,
- régénération de pâturages et agroforesterie,
- promotion des complémentarités agriculture-élevage,
- élevage de gibier,
- programmes de développement en périphérie d’aires naturelles protégées.
L’organisation des éleveurs, des paysans, des promoteurs d’élevage... ne se justifie que si elle apporte une réponse à des problèmes concrets, identifiés par eux-mêmes. L’appui de VSF dans ce domaine porte en priorité sur des activités facilement gérables et touchant les différents niveaux d’organisation des filières de production, de l’approvisionnement à la commercialisation. Rapidement, des besoins apparaissent concernant les capacités de négociation des groupes en vue d’assurer leur représentation et la concertation avec les institutions. Un appui institutionnel et des formations complémentaires sont alors nécessaires (comptabilité, gestion, communication, animation interne...).
NOS MOYENS D’INTERVENTION
Elle constitue la clé de voûte des programmes de VSF. Avoir accès à la formation technique permet à nos partenaires d’effectuer, en connaissance de cause, les choix contribuant à l’évolution de leurs pratiques.
Cette formation s’effectue à trois niveaux auprès :
- d’éleveurs ou d’agropasteurs,
- de promoteurs, d’auxiliaires ou d’agents d’élevage issus des communautés,
- de techniciens et de formateurs.
La faible monétarisation des échanges et les difficultés d’accès au crédit sont autant de contraintes fortes au développement de l’élevage et de l’agriculture dans de nombreuses régions du monde. La mobilisation des moyens financiers locaux et leur organisation dans des systèmes d’épargne-crédit représentent une solution viable à long terme pour augmenter les capacités d’investissement des communautés rurales.
Émanation de la société civile du Nord, VSF s’oriente naturellement vers des partenaires issus de la société civile du Sud. L’émergence relativement récente de ces partenaires, facilitée par le désengagement de l’État suite aux programmes d’ajustement structurel dans la plupart des pays en développement, a conduit VSF à développer des partenariats avec des groupes structurés : PARC en Palestine, APROSIF au Nicaragua, PROMEL au Niger, EUPD en Guinée, Vétérimed à Haïti...
Devant l’échec des politiques de transfert de technologies issues directement de la recherche, nous sommes convaincus que les seules idées pertinentes et viables sont celles validées localement par les praticiens que sont les paysans. Cela implique pour VSF de veiller à avoir un travail toujours renouvelé permettant à des paysans ou à des groupes de paysans d’innover dans des domaines techniques, économiques et organisationnels. Ces méthodes de "recherche-action" ne peuvent se concevoir qu’en cohérence avec des actions visant à favoriser l’accès des paysans à l’information, à la formation et au financement.
TEMOIGNER AU NORD
Des liens vitaux unissent les pays industrialisés aux pays dits "en développement". Nous sommes convaincus que le rééquilibrage des relations Nord-Sud est une clé pour l’avenir et que les expériences de développement au Sud, comme au Nord, sont riches d’enseignements pour la lutte contre la pauvreté et l’exclusion partout dans le monde.
Témoigner et sensibiliser le plus grand nombre à la solidarité internationale est une volonté exprimée dans la charte de Vétérinaires sans frontières. Notre activité de communication au Nord répond à cet objectif complémentaire à nos actions de développement au Sud.
Notre revue Habbanae est conçue dans cet esprit. Outre un moyen d’information sur le travail de VSF sur le terrain, c’est avant tout un outil de communication sur les enjeux du développement. De même, nos opérations de collecte de fonds propres sous forme de lettres-mission sont un moyen de sensibiliser nos donateurs aux réalités des pays où nous intervenons. La participation de VSF à la création du Groupe Initiatives est aussi l’expression de notre volonté d’apporter notre contribution au débat sur le développement.
Alors que les possibilités d’accès à l’information s’élargissent de plus en plus, la perception des pays du Sud, particulièrement chez les jeunes, se rétrécit à une vision négative de faim, de violence et de misère. Le rééquilibrage des relations Nord-Sud doit passer par une évolution du regard porté sur les pays en voie de développement et sur nos propres sociétés. C’est pour cela que nous avons élaboré un projet Éducation au développement qui s’intitule "la terre, l’animal et l’homme du Sud au Nord", centré plus particulièrement sur le thème de la sécurité alimentaire. Nous nous engageons aux côtés de partenaires aux regards complémentaires et en relation étroite avec des structures relais, scolaires ou parascolaires.
De plus, ce souci "d’éduquer au Nord" a amené, début 1998, l’ensemble des Vétérinaires sans frontières européens à se fédérer autour d’un projet commun d’éducation au développement, chacun s’engageant à élaborer une action dans son propre pays.
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